Cohérence sociale et écologique : enjeux et réalités pour nos territoires

Mettre en oeuvre une cohérence sociale et écologique : enjeux et réalités pour les SCIC
Les Sociétés Coopératives d'Intérêt Collectif (SCIC) vont avoir un rôle crucial dans la promotion de la stabilité et de cohérence sociale et écologique à l'échelle locale. En intégrant ces principes dans leurs activités, les SCIC peuvent répondre aux besoins actuels sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Cet article examine les enjeux, les stratégies et les impacts gérés par les SCIC.
Pourquoi nous ne parlons plus de développement durable
Il y a derrière le mot "développement" dans son acception commune une idée d'expansion qui lorsqu'on la relie aux principes capitalistiques traduit une logique de croissance infinie qui n'est qu'une illusion sur une planète, un territoire aux ressources forcément limitées.
Si nous acceptons cette idée, alors seulement nous pouvons commencer à envisager une forme d'harmonie, de cohérence qui est l'enjeu, le seul enjeu pourrait-on dire de la philosophie écologique. Mais au fait que veut dire "écologie ?"
"l'écologie caractérise la «science qui étudie les relations entre les êtres vivants et le milieu organique ou inorganique dans lequel ils vivent».
Il s'agit donc, à priori d'une science et qui plus est d'une science résolument tournée vers la vie, qui est supposée explorer de manière scientifique les relations étroites que les êtres vivants ont entre eux et de manière plus ciblée, la manière dont les humains s'intègrent et vivent sur un territoire particulier.
Nous pourrions même, soyons candides et naifs, imaginer que la fonction principale de l'écologie serait d'étudier les meilleures logiques de collaboration et d'harmonie avec le vivant qui nous entoure et, plus prosaïquement façonne nos vies, mettant en lumière les limites et les dérives induites par la volonté de contrôle de l'homme sur son environnement...
Après tout... Le mot écologie tire son étymologie du grec : Oikos signifiant maison et logos signifiant discours...
Ce concept de départ, aurait été emprunté à l'allemand «Ökologie» -peut-être par l'intermédiaire de l'anglais œcology- et aurait été forgé en 1866 par le zoologiste et biologiste allemand Ernst Haeckel, dans la préface de son ouvrage Natürliche Schöpfungsgeschichte, (1867).
Ce qui est extrèmement signifiant avec ce mot concerne l'usage du préfixe Oikos que l'on retrouve dans un autre mot, le mot économie...
L'économie, du grec oikonomia, c'est littéralement l'«administration d'une maison»; la «gestion de l'intérieure d'une famille». En somme, l'art de «réduire la dépense» et «d'administrer un bien, une entreprise par une gestion prudente et sage afin d'obtenir le meilleur rendement en utilisant les moindres ressources.»
L'écologie et l'économie ont donc un point commun dans la fantasmagorie classique, en ce sens que ces deux disciplines, traintent du même sujet, la gestion des ressources de notre milieu de vie, avec une petite nuance de taille mais qui fait toute la différence : L'écologie est supposément une science.
Nous n'allons pas ici reprendre l'étymologie exacte du mot "science". Nous nous contenterons de souligner que la science est définie depuis plus de 1400 ans comme une connaissance expérientielle.
Dès lors, si la science est science au sens de connaisance expérentielle et si l'écologie est une science, a-t-on simplement encore besoin d'expérimenter la destruction de nos milieux de vie pour comprendre que c'est uniquement vers un chemin de mort que cette destruction nous mène ?
Un enfant de 5 ans le comprendrait ! Bourrer notre terre, nos nappes phréatiques, nos plantes de composés chimiques mortifères non seulement détruit notre environnement, notre territoire mais en plus apporte la souffrance et la mort inutile dans nos vies.
Déméler l'intrication économie et écologie
Dans une sorte de consensus tacite et non verbeux, beaucoup d'acteurs se sont trouvés piégés dans la logique prédominante, écrasante, mutilante parfois d'une logique de croissance économique, vécue comme le seul but à atteindre.
Il faut bien payer les factures ! Eventuellement gagner sa vie, subsiter, nourrir sa famille, gagner à tout prix ces euros qui semblent vitaux dans un monde capitalistique tourné uniquement vers une maximisation immédiate du profit à n'importe quel prix.
Ce n'est pas plaisant de se lever tous les matins, d'enfiler une combinaison étanche et un masque à gaz (pour les mieux nantis), de préparer ensuite des cuves de produits avec des têtes de mort et des images d'environnement détruit présent sur chaque emballage qu'il faut ensuite aller déverser dans des champs, des "cultures", des espaces "culte-ivés"...
Mais que peut-on faire puisqu'il faut à tout prix être rentable ?
Imaginez un seul instant la dissonnance cognitive qui se développe lorsque l'opérateur, le cultivateur se rend compte qu'il a du sacrifier ses valeurs, ses envies, ses motivations, j'irai même jusqu'à dire ses intuitions, au profit d'un "culte" décidé par d'autres et auquel on l'a contraint d'adhérer sans même seulement lui demander son avis ?
Car, au fond, nous touchons ici des subtilités languagières et des expropriations de sens qui sont importantes, voire essentielles de comprendre et de toucher du doigt pour mieux appréhender le piège qui est le notre.
Le dictionnaire de l'académie française définit le mot "culte" avec 3 acceptions différentes et une grande partie de nos difficultés consiste à n'entendre que le premier sens, à savoir : Hommage que l’on rend au divin par des actes de religion ; piété à l’égard de ce qui est sacré. Culte intérieur, sentiment intime d’adoration ou de vénération.
Mais le troisième sens, défini avantageusement par l'ouvrage comme un sens pas affaiblissement traduit plutôt l'idée suivante : Un culte est une vénération, respect qui prend un caractère presque sacré pour quelqu’un ou pour quelque chose.
Ces définitions posées, imaginons un instant que la finance soit une religion au sens de système de croyances et de pratiques spirituelles propres à une communauté dont les membres partagent la même foi, ou pour ceux qui doutent encore que des pratiques spirituelles existent dans le monde de l'économie et de la finance : un sentiment de respect, d’obligation scrupuleuse envers ce à quoi on confère une valeur suprême, un caractère presque sacré...
Imaginons le et imaginons que cette religion, la religion finance dispose d'un culte...
Pas forcément très difficile à concevoir puisqu'elle a déjà des "idôles", qu'il existe des "maitres", des "prêtres", des "gourous" de la finance...
Et c'est ici toute la magnifique subtilité de tout ce débat. Une religion ne peut exister sans la foi.
Arrêtons donc un instant sur le sens de ce que cela signifie profondément.
Cela signifie que nous pouvons ne pas accorder notre foi à une religion à laquelle nous n'adhérons pas.
Et la finance, ou plus explicitement le capitalisme destructeur n'échappe pas à cet état de fait.
Comment stopper l'hémorragie ?
Collaboration avec les Acteurs Locaux respectueux du vivant
Voyons voir... Ah oui ! L'argent. Le fameux nerf de la guerre... Intéressant de constater l'analogie entre notre système de commande, le système nerveux et l'argent... Analogie belliqueuse tout à fait significative qui à elle seule démontre sans grand discours inutile le caractère puissamment destructeur de l'argent.
Est ce à dire que l'argent est une arme ? Sans nul doute. Et comme toute arme elle n'est qu'un instrument qui ne s'active que par l'intermédiaire de celui qui l'utilise. Visant dans une direction ou dans une autre direction.
Ici encore tout est question de choix, de priorité, de logique, de bon sens et de timing. Nous vivons une époque dans laquelle plus que jamais nos choix vont déterminer notre avenir à court et long terme et façonner le devenir de nos enfants.
Et, en la matière, nous ne pouvons plus vraiment assumer une politique de l'autruche et détourner nos regards, car les méfaits sont déjà présents dans nos vies et nous commençons d'ores et déjà à mesurer et à vivre les conséquences de cette politique à laquelle nous avons tous consenti puisque selon l'adage, nous n'avons pas dit mot...
Il est temps maintenant de nous donner les moyens de nos ambitions et de nous permettre de nous réapproprier le vivant en confiant les terres de nos territoires à des acteurs respectueux, en leur donnant les moyens d'exister.
Il est temps de trouver des moyens habiles pour pouvoir permettre aux acteurs locaux de produire dans de bonnes conditions et de revenir à une logique de vie, de respect du vivant.
Innover, se recréer ou faire devoir de mémoire
L'innovation ne consistera pas à généraliser l'usage de robots sans âmes pilotées par des intelligences artificielles pour prendre soin de nos terres, de notre territoire. L'innovation consistera bien au contraire à trouver des méthodes et des logiques permettant de réduire la pénibilité du travail essentiellement humain. Innover c'est revenir à une logique de mutualisation de services, à réapprendre le sens de la solidarité...